À Pierre Veilletet

Pierre Veilletet a posé son point final le 8 janvier 2013. Je l'ai rencontré tard et trop peu connu. Pourtant, si j'ai eu un parrain en littérature, c'est lui. 

Pour cet homme exigeant, l'écriture, comme la vie sans doute, devait atteindre une forme d'art. Journaliste, il a obtenu le prix Albert Londres pour un grand reportage sur les derniers jours de Franco. Écrivain, il a reçu le prix François Mauriac pour son magnifique premier roman “La pension des nonnes”. 

Comme Kléber Haedens, il respirait dans le sud-ouest “L'air du pays”. C'est sans doute pour cet air de famille que le sujet de mon premier livre, “Toulouse Bordeaux l'un dans l'autre”, l'a amusé et intéressé. Il faut dire que j'y avais inséré deux citations de lui. Il m'a relu, conseillé, indiqué des lectures utiles… Mon texte a gagné à son influence. 

Quelques années plus tard, après la lecture du manuscrit des “îles du santal”, il m'a remis une fiche de remarques et m'a lancé sur un ton complice lors d'un déjeuner : “Vous savez, il y en a qui paieraient cher pour avoir un papier comme celui-là…” Il m'était apparu en cet instant tel qu'en lui-même : lucide, généreux et spirituel. Il sera parti avant que j'aie pu le remercier autant que j'aurais dû le faire. Je ne m'étais même pas procuré tous ses livres. Je croyais avoir le temps. Il me donne encore à lire aujourd'hui. 

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